
La révolution fulgurante de l’imagerie numérique de ces dernières années a radicalement changé nos habitudes vis-à-vis de la photographie (entre autre). Et pour cause: la consommation invraisemblable d’images que l’on fait de nos jours est servie par une technologie toujours plus puissante et accessible au plus grand nombre.
Face à cette passionnante ascension qui nous pousse à presser le déclencheur au moindre évènement, il faut prendre un minimum de précautions…
Prenons une comparaison:
Du temps de la pellicule argentique, un photographe comme Robert Doisneau a laissé près de 450 000 négatifs en 60 ans de photographie. Soit une moyenne d’environ 20 photos par jour. 10-15 ans plus tard, il est facile de prendre 1000 à 1500 photos sur un reportage intéressant (comme un mariage
) avec un réflexe numérique en 12 heures. On imagine facilement le nombre de fichiers images accumulés par un professionnel en quelques années… Le million sera vite dépassé. Pour ma part un rapide aperçu de mes dossiers me donne un chiffre entre 30 et 40 000 photos prises en 3 ans, alors que la photo n’est pas mon activité principale.
- Première raison: Qu’adviendra t-il de nos fichiers dans quelques années ? Dans 10, 20 30 ans ? Pourra t-on encore les lire facilement ? L’évolution des outils numériques nous amène à dire que rien n’est moins sûr. La technologie évolue très vite, et nous ne savons pas ce qu’elle nous réserve. La durée de vie d’un CD ou DVD de bonne qualité actuel ne dépasse pas les 6 à 10 ans. Il parait donc judicieux de faire des tirages papiers régulièrement. Ceux-ci ne sont pas prêt de disparaître, ne serait-ce que par les nécessités de la presse écrite.
Deuxième raison qui rejoint la première: le crash disque ! C’est deux mots ou maux qui vous tombent dessus alors que vous pensiez que ça n’arrive qu’aux autres… L’informatique est loin d’être infaillible et les disques durs ont une durée de vie plus ou moins longue, certainement moindre que les CD/DVD. Il n’est pas rare d’entendre autour de soi « mon disque dur a lâché la semaine dernière, j’ai perdu toute mes photos… ou presque: il ne me reste que mes tirages papier ! »- Troisième raison: les tirages papier ont un charme irremplaçable ! Qui n’est jamais tombé sur de vieilles photos dans une caisse poussiéreuse au fond d’un tiroir ? Un pèle-mêle bien composé d’une quinzaine de photos accroché à un mur est quand même plus agréable à regarder qu’un cadre photo-numérique ou défile froidement des centaines de photos, tout en consommant de l’énergie et en fatigant les yeux ! De nombreuses personnes sont allergiques à l’informatique, leurs donner des photos papier est un bon moyen de leur faire plaisir. Un album de photos papier rangé sur une étagère du salon est quand même plus vite accessible qu’un dossier fouillis sur l’ordinateur qui ne veut plus démarrer… Les raisons sont multiples !
Alors qu’elles solutions pour des tirages réguliers et pratiques ?
D’abord utiliser un bon logiciel de catalogage, Picasa de Google est pour ça fantastique et surtout gratuit. Au moins deux solutions s’offre à nous :
- La composition et l’impression de livres-photo dont j’ai déjà parlé ici. Encore un peu chers, ils sont malgré tout entrain de devenir le support incontournable et très en vogue à l’heure actuelle;
- Les tirages classiques dans les labos en ligne ou en boutique: formule la moins chère et la plus rapide. Les tirages actuels réalisés par les laboratoires sérieux ont une durée de vie assez longue pour voir passer quelques générations, on peut espérer que les photos bien conservées dans des albums tiendrons donc bien longtemps.
** Un petit calcul amusant: admettons que Doisneau ait photographié tous ses sujets à une vitesse d’obturation moyenne de 1/125ème de seconde, le temps total d’ouverture de l’obturateur représente…15 minutes de sa vie !




